Mise en œuvre de la garantie décennale : la responsabilité du professionnel, constructeur ou entrepreneur de travaux, est présumée si le désordre constaté est en lien avec sa sphère d’intervention.
Publié le :
27/10/2025
27
octobre
oct.
10
2025
En matière de construction, le constructeur est présumé responsable des dommages relevant de la garantie décennale.
En effet, l’article 1792 du Code civil prévoit :
« Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère. »
Mais pour autant, le client, appelé maître d’ouvrage, doit rapporter la preuve de son préjudice, et du lien d’imputabilité entre ces désordres et l’intervention du constructeur mis en cause.
Ce n’est qu’à cette condition que la garantie décennale du constructeur peut être mise en œuvre.
Mais, par un intéressant arrêt du 11 septembre 2025, la Cour de cassation vient assouplir considérablement la charge de la preuve pesant sur le client, maître d’ouvrage.
Dans les faits, des travaux d’électricité sont confiés à un électricien pour la construction d’une maison individuelle. La réception des travaux intervient le 31 juillet 2014. Le 9 décembre 2014, un incendie détruit la maison. Après expertise judiciaire, le propriétaire, maitre d’ouvrage, et son assureur, assigne le constructeur et son assureur RC garantie décennale en indemnisation du préjudice.
La Cour de cassation rappelle que :
- La présomption de responsabilité du constructeur est déterminée par la gravité des désordres, indépendamment de leur cause (Cass. Civ 3ème, 1er décembre 1999 n°98-13.252) ;
- Cette présomption doit être écartée lorsque les désordres ne sont pas imputables aux travaux réalisés par le constructeur (Cass. Civ. 3ème, 20 mai 2015 n°14-13.271) ;
Partant, la Cour de cassation, dans l’arrêt étudié, vient de juger que ce lien d’imputabilité est présumé établi dès lors qu’il n’est pas exclu, au regard de leur nature ou de leur localisation, que les désordres sont en lien avec la sphère d’intervention du constructeur ou de l’entrepreneur de travaux.
Le constructeur ou entrepreneur de travaux ne peut s’exonérer de sa responsabilité, présumée, qu’en justifiant que les désordres proviennent d’une cause étrangère à leur intervention.
Autrement dit, le doute profite au client face au constructeur ou à l’entrepreneur de travaux : si le dommage subit est en lien avec l’activité du professionnel, il existe une présomption d’imputabilité pesant sur le constructeur ou l’entrepreneur de travaux qui alors doit mettre en œuvre la garantie décennale au bénéfice de son client.
L’assureur garantie décennale ne peut pas refuser sa garantie au motif que la cause des désordres demeure incertaine ou inconnue.
Maître Stéphane BERTUZZI vous assiste dans le cadre d’un litige relatif à la construction de votre maison individuelle ou à la réalisation de travaux au sein de votre habitation. (Insérer lien vers le formulaire de contact : https://www.avocat-bertuzzi.com/contact.htm)
Source : Cass. Civ. 3ème, 11 septembre 2025 n°24-10.139
Historique
-
Charges de copropriété : une mise en demeure imprécise ne permet pas d'obtenir l'exigibilité anticipée des sommes dues
Publié le : 07/07/2026 07 juillet juil. 07 2026Droit immobilier / CopropriétéLa procédure accélérée au fond prévue par l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 est strictement encadrée. Pour en bénéficier, le syndicat des copropriétaires doit notammen...Source : www.lemag-juridique.com
-
Copropriété : une mise en demeure imprécise bloque le recouvrement
Publié le : 01/07/2026 01 juillet juil. 07 2026Droit immobilier / CopropriétéLe syndicat des copropriétaires qui souhaite bénéficier de la procédure accélérée prévue par l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 doit veiller à la rédaction de la mise e...Source : www.lemag-juridique.com
-
Cotisations 2026 : un arrêté qui confirme les règles applicables au logement social
Publié le : 25/06/2026 25 juin juin 06 2026Droit immobilier / Baux d'habitationPublié au Journal officiel, l'arrêté du 1er juin 2026 fixe les modalités de calcul et de paiement des cotisations dues par les organismes de logement social à la Caisse de garan...Source : www.lemag-juridique.com
-
Logement décent : distinction entre exécution forcée et action indemnitaire
Publié le : 17/06/2026 17 juin juin 06 2026Droit immobilier / Baux d'habitationLe locataire d’un logement indécent peut exiger du bailleur la réalisation des travaux nécessaires tant que le manquement à l’obligation de délivrance perdure. En revanche, l’in...Source : www.lemag-juridique.com
-
Assurance dommages-ouvrage : la responsabilité contractuelle de droit commun écartée
Publié le : 12/06/2026 12 juin juin 06 2026Droit immobilier / Droit de la constructionEn matière d’assurance dommages-ouvrage, les obligations de l’assureur et les sanctions attachées à leur méconnaissance sont strictement encadrées par les dispositions d’ordre p...Source : www.lemag-juridique.com
-
Mise en œuvre de la garantie décennale : la responsabilité du professionnel, constructeur ou entrepreneur de travaux, est présumée si le désordre constaté est en lien avec sa sphère d’intervention.
Publié le : 27/10/2025 27 octobre oct. 10 2025Actualités du cabinet / ImmobilierEn matière de construction, le constructeur est présumé responsable des dommages relevant de la garantie décennale. En effet, l’article 1792 du Code civil prévoit : « Tout...




